Le plus dur ...
Bientôt un an ... déjà ! Je me rappelle le jour où on a décidé de partir pour le Texas, le jour où on a été au consulat pour la demande de visa, le jour où on l'a reçu, les préparatifs du départ ... Pendant tout ce temps, la moitié de mon corps vibrait sous l'excitation d'une vie nouvelle; l'autre se déchirait sous la peine d'être si loin de ceux que j'aime et qui m'aiment. Sensation étrange que d'être divisée ainsi en soi-même ... En même temps, je relativisais : "On n'habite pas à côté de mes parents et soeurs mais à une heure de route, de l'autre côté de Paris. On ne se voit pas si souvent que cela : en moyenne une fois tous les deux mois. Ben là, on attendra un peu plus longtemps pour se revoir. Mais pour sûr, on se verra une fois l'an. Et puis, chacun a sa vie. On me l'a tellement répété. Qui me dit que ma très chère soeur n'aurait pas quitté la région parisienne si j'étais restée en France et avais déménagé par chez eux ? Et mon mari ? ... "
La décision était prise : nous partîmes. Les premières semaines ont passé. Les premiers mois ont passé. Fin novembre, premier passage à vide. Certaines personnes essayaient de nous briser. J'ai craqué. J'ai failli rentré (mais pas sans mon mari), retrouvée l'amour de ma famille. Heureusement, une âme salvatrice est passée par là. Et puis, le temps est passé; je me suis habituée à ce pays et voir mon mari comme un poisson dans l'eau me réjouissait.
Presque un an après, de nouveaux amis locaux en poche, une chose à laquelle je ne me suis pas habituée est l'éloignement d'avec ma famille et amis. A mon mari aussi, ils lui manquent. Je m'étais imaginée qu'au grand maximum, en septembre prochain, nous les visiterions. De plus, mes parents fêteront leur 35 ans de mariage. Malheureusement, pour l'instant, venir semble impossible. Notre âme se peine de cette attente différée.
Un an a presque passé. Ma soeur a eu le temps d'être enceinte et d'avoir une magnifique petite fille. Je ne l'ai pas encore vu. 4 semaines déjà ... c'est presque un rêve que je ne réalise pas. Pour moi, nous nous sommes quittés hier. Nous sommes en attente ... dans un ascenseur, coincés entre deux étages. Mon autre petite nièce a 3 ans, vient de rentrer à l'école. Elle est grande. Elle me demande à chaque fois quand on rentrera, pourquoi on est aux zétazunis. Les rendez-vous sur msn via la webcam sont assez larmoyants ces derniers temps. Et si je le cache, sache Louloute, qu'une fois déconnectée, j'ai rejoint tes larmes, celles qui coulent de nouveau sur mes joues chaudes, à l'instant même où je tape ces mots.
Malgré tout, je suis heureuse ici ... l'âme partagée. Je voudrais juste vous prendre dans mes bras, sentir votre odeur, vous couvrir de bisous ... Le plus dur, c'est d'être loin de vous, si longtemps.
Bientôt un an ... Et la vie va ...
Famille, je vous aime.












