Du changement
Cela fait plus d'un mois que je n'ai pas mis à jour ce blog. Honte à moi de vous laisser ainsi sans rien à vous mettre sous l'oeil ! En fait, il s'est passé beaucoup de choses durant cette période qui ont abouti à une nouvelle demeure. Non, on n'a pas acheté mais un jour sûrement, cela arrivera. Comme je n'ai pas encore l'internet là-bas et que je ne pouvais pas déserter plus longtemps ce blog, je vous retranscris, ici, une partie de mon "carnet de bord" personnel. Et oui, ce blog n'est pas mon seul exutoire qui a été principalement créé pour maintenir le contact avec la famille et les amis (qui y viennent rarement, d'ailleurs :-( ) mais pas uniquement non plus ;-) J'écris aussi, quand l'envie, le besoin se font sentir dans un "carnet" sur pc et un autre sur papier (beaucoup plus personnels où je me lâche complètement), selon lequel est à ma portée.
Voici donc ce que je vous ai écrit hier soir, dans mon nouvel antre coupé du monde virtuel. Comme il comporte quelques références, je vous les expliciterai au prochain post (j'ai failli écrire demain mais ne nous avançons pas trop !!!)
22 janvier 2008
2008, une nouvelle vie commence
Cette année est à peine commencée que nous sommes déjà dans les changements. 13 jours après mes 34 années de vie révolues, nous prenons nos marques dans notre première petite maison à l'anglaise. Trouvée, réservée, prise d'assaut en une semaine ... tout ça pour ou grâce à un chat.
Comme nos amis les félins, tout changement nous est difficile au départ. Nous sommes envahis de nostalgie, déstabilisés par les variations du cours du temps. En catinimini, nous sommes partis aux aurores, dimanche matin, avec nos deux moustachus et les premiers cartons et valises. L'état des lieux nous a bien occupé pendant presque une heure. Notre petite India nous a même aidé en reniflant la moquette et décelant des traces de pipi de chat. Après avoir patiemment attendu que nos deux compères prennent leurs marques dans ce nouvel espace, nous sommes retournés à l'appart' où j'avais un cours à donner. En fin d'après-midi, nous avons fait un autre voyage, emmenant la doyenne du groupe avec nous, celle qui regrette de ne plus être l'unique objet de mon affection. Ce changement de territoire l'affecta plus que les deux jeunots. Elle n'arrêtait pas de feuler. Comme nos amis à poils, nous avions le moral en berne. Nous aimions beaucoup ce nouvel endroit mais nous étions en train de tourner une page, clôre un chapitre de notre existence : nos deux premières années au Texas.
Nous avions vécu heureux dans notre petit appartement bien qu'effrayée, au départ, par les clauses de ce bail texan. Nous nous étions habitués aux voisins bruyants, les lampes torches des policiers traversant nos stores à deux heures du matin, aux bruits intimes de la voisine du dessus, de sa machine à laver, des tambourinages à notre porte par le gars de la maintenance, l'inamabilité des filles de l'accueil, la piscine sale la plupart du temps, les chats du voisinage sur notre balcon à trois heures du mat' affolant la mienne qui voulait leur mettre la pâtée pour avoir envahi ainsi son balcon et de surcroît me réveillait, les crottes de chien (ou de chats d'ailleurs) sous notre balcon, les vociférations de l'autre voisine au téléphone dès qu'elle sortait ses chiens, ... Je venais juste de me faire une amie américaine parmi mes voisines, avais fait plus ample connaissance avec mon voisin d'escalier. Et voilà que nous partions ailleurs, là où nous ne connaissons personne, là où personne ne nous connaissait.
Mon mari et moi surfons allègrement sur les vagues du paradoxal. Bien qu'hermétiques aux changements, l'humeur en berne dès les premiers frissons de quelque altération de notre environnement, nous pensions à déménager depuis belle lurette. Nous ne voulions pas re-signer pour un bail de 9 ou 12 mois et préférions garder celui renouvable chaque mois, bien que plus cher. On ne sait jamais : l'envie subite de partir nous piquerait peut-être. Malgré notre limace attitude, nous sommes aussi impulsifs. Nous avons bien fait : un petit Louis est entré dans notre vie. Restraints par des limites contractuelles, nous avons pris les devant et par chance, oui, vraiment par chance, nous avons trouvé notre petit paradis.
Après une journée bien mouvementée, nous nous retrouvâmes tous dans le même lit : les humains sous les courvertures, les trois poilus dessus. Il n'y avait guère plus de place pour bouger ses jambes. Mais nos petits amis se sentaient plus en sécurité près de nous, dans cette grande maison inconnue.



