Que peut-il arriver de pire au Texas (mis à part être expulsé de son appartement) où tout est si vastement dispersé ? être en panne de voiture en pleine semaine de travail.
Mardi soir, notre vieux tacot est tombé en rade. Le réservoir à eau du radiateur (je ne m'y connais absolument pas en voiture donc je décris comme je vois) est percé à tel point qu'à peine rempli, l'eau s'écoule à la vitesse grand V, dans un fort glou-glou sonore. Impressionnant ! Dans ces conditions, pas possible d'utiliser la voiture et vu l'heure, les garagistes étant fermés, il ne restait qu'une solution pour ma moitié, pour aller à son travail le lendemain matin : utiliser les transports en commun. Par solidarité et pour connaître moi-aussi leur système de bus, j'ai accompagné mon cher et tendre.
La veille, j'avais tout planifié le trajet grâce à
leur site internet très utile. J'avais donc le plan du (long) trajet minuté avec tous les noms des arrêts, des lignes de bus à prendre. Ils ont même une option sur le site pour visualiser l'emplacement de l'arrêt de bus, sur un petit plan. Utile, je vous dis !
Comme tout est éparpillé ici, ce qui en voiture donne 30 minutes de trajet, eh bien, en bus, cela donne 1h30 à 1h45 avec deux changements donc 3 bus à prendre (ça, c'était dans la théorie car dans la pratique, un des bus que l'on a pris sert pour 2 lignes : à un arrêt, le conducteur change le numéro du bus ! donc pas besoin de changer de bus.) En plus, ils n'ont pas de voies réservées aux bus, donc c'est sûr que ça risque pas d'aller plus vite !
Nous voilà donc levés à 5 heures du mat' (un peu plus tôt pour moi car j'ai l'étape maquillage, lavage et séchage de mes cheveux en plus !), partis vers 5h40 pour attraper notre 1er bus de 5h58 qui ne passe qu'une fois toutes les heures. Donc, on n'a pas intérêt de le louper ! L'arrêt est juste en face de notre résidence. Ouf !
Il arrive. On monte. Comme on ne sait pas trop comment cela fonctionne ici, le chauffeur nous explique que, vu qu'on va prendre d'autres bus après celui-ci, il va nous donner un "
transfert slip" qu'on remettra au conducteur du prochain bus et cela nous coûtera 95 cents (80 cents pour le billet en lui-même et 15 cents pour le ticket de transfert de bus). Et si on a besoin d'un autre c'est-à-dire si on prend encore un autre bus à la suite du 2ème, on en fera la demande dans le bus n°2 pour monter dans le n°3. Ce ticket est valable dans les deux heures suivant son obtention. Et aussi, on ne remet le ticket que dans le cas d'un changement physique de bus, comme on s'en apercevra plus tard. Je veux dire que si le bus change juste de n° seulement, ben on n'a pas besoin de
transfert slip (ça, leur site internet ne le mentionnait pas).
On paye. Là, aussi, c'est différent. On insère le billet de 1 dollar ou la monnaie dans la fente appropriée d'une boîte métallique reliée à un compteur, à côté du chauffeur qui vérifie l'exactitude du montant. Mais aussi, pour ceux qui sont des utilisateurs pro du bus, il leur suffit de payer sans dire un seul mot et le chauffeur sait de suite ce que demande le passager, simplement en regardant la somme mise. C'est ce que j'ai remarqué pendant le voyage. Certains montaient; sans sortir un mot, mettaient leur argent dans la petite boîte et le chauffeur de leur remettre un transfert slip si le montant était de 95 cents, tout cela, sans s'échanger un seul mot. Au moins, ça fatigue pas la langue. Sinon, avec ce principe, on se doute bien qu'il ne peut rendre la monnaie. Donc, faire l'appoint ou sinon, tant pis ! Une fois l'opération effectuée, il nous donne deux tickets jaunes fin qui ressemblent à des tickets de caisse mais qui n'en sont pas. D'ailleurs, dans le cas où on ne prend qu'un bus, après avoir payé les 80 cents, on ne reçoit rien qui justifie qu'on a payé. Je me suis donc demandée s'ils avaient des contrôleurs, ce que je doute fort puisqu'ils n'ont pas moyen de vérifier.
Nous voilà partis. Il est 6h du mat'. Il n'y a qu'un autre passager avec nous. J'ai pris un petit dépliant du bus pour suivre le trajet et aussi savoir "exactement" quand il faudra descendre. C'est bien le problème du bus et c'est ce que je n'aime pas à son sujet, en comparaison avec le métro ou le train : le bus ne s'arrête pas systématiquement à tous les arrêts. Il est donc facile de louper celui où l'on doit descendre quand c'est la première fois qu'on fait le trajet, qu'on ne connait pas le coin et que de surcroît, il fait nuit. De plus, celui-ci n'affiche pas les prochains arrêts sur son panneau lumineux sauf les points principaux comme les points de rencontre avec plusieurs autres lignes ou les intersections de grandes routes connues. Bon, c'est déjà pas mal et ça aide vachement. Pendant le trajet, j'en profite pour observer mon environnement intérieur. Alors, y'a une pancarte qui dit que pour des raisons de sécurité et en accord avec une loi fédérale, lorsque que le véhicule se met en mouvement, il faut se tenir de l'autre côté de la ligne jaune qui sépare le conducteur du reste du bus. Y'a aussi une pancarte avec des symboles qui rappellent qu'il est interdit de boire, manger, fumer et avoir un
révolver dans le bus. On est bien au USA !!! J'ai aussi vu une affiche encourageant les gens à prendre le bus, en leur disant qu'ils payent ainsi 20 fois moins qu'en prenant leur voiture pour aller au boulot. ça m'a fait sourire parce que vu leur système de transports presque archaïques en comparaison de la ratp et qui te rallonge considérablement ton temps de transport alors qu'à présent, avec la voiture, c'est plus rapide, confortable, sécurisant, ils ne risquent pas de convaincre beaucoup de monde et de changer la mentalité d'une majorité de leurs compatriotes qui ne jurent que pas leur SUV. Dommage qu'ils n'améliorent pas plus leur système de transports pour séduire plus de clients ! Pour l'instant, leurs utilisateurs (ce que j'ai croisé pendant ces deux jours à prendre le bus à divers moments de la journée) sont les peu fortunés noirs, latinos, blancs, ados, rappeurs, tatoués à donf ... et ceux qui ont leur voiture en panne !
Description rapide du bus pour vous montrer à quel point il est archaïque (un collègue de mon mari, venant de Chicago, et une jeune femme indienne croisée lors de mon périple, s'accordent sur ce point) : il est vieux, la suspension mauvaise, un peu sale je trouve pour certains et pour demander l'arrêt, il faut tirer sur une espèce de corde, le long des vitres, à mi-hauteur. Là, un son de cloche retentit et le message "stop requested" apparaît.
Finalement, on ne sait pas tromper d'arrêts, ni louper de bus et on est arrivé juste dans les temps, pour 8h.
Conclusion de ce long post : vivement qu'on aie de nouveau une voiture !